La gestion de la colère

Que faire face à un enfant en colère

La colère est une émotion qui nous pose souvent face à beaucoup de questions. De fait, l’expression de la colère est mal acceptée dans notre société. Or, comme toute émotion, il est nécessaire qu’elle “sorte” afin de ne pas se stocker physiquement et finalement se transformer en symptôme physique. Comme on le dit en psycho-somatique : “ce qui ne s’exprime pas s’imprime”. Alors comment faire face à la colère, que ce soit la nôtre ou celle de notre progéniture ?

La colère, une émotion nécessaire

La colère fait partie de notre panel d’émotions de base. Pourquoi “de base” ? Parce qu’en lien avec notre cerveau reptilien.

Le modèle de MacLean

Notre cerveau est en effet composé de 3 couches. La plus ancienne, au centre, est appelée cerveau reptilien ou archaïque. Il correspond à la partie qui s’est développé au tout début de notre histoire, et sert à nous maintenir en vie. Il va donc être responsable de nos réactions liées à la survie de l’individu (nourriture, fuite, combat) et de l’espèce (reproduction). C’est la partie en bleu sur l’image. Le cerveau limbique lui, va être le centre de nos émotions et de nos apprentissages. On le voit en rose sur le schéma. Enfin, la partie en jaune, qui correspond à la partie la plus “récente” de notre cerveau, est le néocortex. C’est la partie qui s’est développée dans la dernière phase de notre évolution (à ce jour !) et qui gère l’analyse et la réflexion. Évidemment, ces 3 parties communiquent en permanence entre elles, et surtout, s’il y a une décision à prendre, c’est le néocortex qui a le dernier mot.

Colère et cerveau reptilien

La colère est une émotion primitive. En effet, c’est celle qui nous permettait de défendre notre territoire ou notre part de nourriture. Elle prend donc racine sur le cerveau reptilien, ce cerveau “ancien qui est en charge de notre survie. De fait, la colère va donc naître AVANT que le néocortex intervienne. Chez les enfants, dont le cortex est encore en cours de maturation, ça signifie qu’il est quasi-impossible de la contrôler. Et chez les adultes, cela veut dire qu’on la contrôle à condition d’avoir appris à le faire. Aujourd’hui, la notion de défense de son territoire ou de sa part de nourriture est bien plus subtile qu’il y a 400000 ans. Mais si vous regardez des enfants qui se battent pour un jouet, on est en plein dedans !

Exprimer sa colère

J’ai parlé de contrôler sa colère mais il serait plus juste de dire contrôler l’expression de sa colère. Le fait de se sentir dépossédé ne doit pas mener à l’agression physique. Mais il faut trouver un moyen, un espace, pour traverser cette émotion.

L’espace verbal

Quand on pense “expression”, on pense immédiatement “parole”. C’est la première façon qui nous vient à l’esprit pour sortir ce qui nous encombre. Et s’il est toujours sain de dire ce qu’on a en travers de la gorge, c’est juste parfois impossible (votre chef n’est peut-être pas encore prêt à accepter que c’est pour votre santé). Le fait de trouver un endroit isolé où pouvoir crier est alors une option. Celle de hurler la tête enfouie dans un oreiller aussi. Ou même de chanter à tue-tête une chanson de Metal (ça marche beaucoup moins bien avec le reggae…). Face à vos enfants, donnez-leur la possibilité de s’exprimer : n’oubliez pas qu’ils ne maîtrisent pas complètement leur néocortex avant 8/9 ans. Eux aussi peuvent s’isoler pour crier ! Et apprenez-leur à verbaliser leur émotion : savoir dire qu’on est en colère, c’est la base pour de futures relations humaines saines.

L’espace physique

Donc l’agression d’un autre être vivant est exclu (oui, même le chat), mais essayer d’étrangler le coussin du canapé est sans danger et soulage terriblement. Certains vont aller courir, frapper dans un sac. Mes enfants aiment particulièrement jeter des objets, et on est tombé d’accord que leurs jouets dans leur chambre, ça marche. Pour les adultes qui sont responsables de leurs finances, vous avez totalement le droit de casser vos assiettes !

L’espace artistique

Pour certaines personnes qui ont du mal à s’exprimer physiquement, une activité artistique peut permettre de se libérer. L’écriture, la peinture, la sculpture… Tous les biais artistiques donnent le moyen de coucher son émotion, de la sortir de soi. Et là aussi, pour les enfants qui vont avoir tendance à retourner leur colère contre eux-mêmes, donner de la pâte à modeler ou de la peinture c’est leur donner une clé qui peut les libérer.

Les aides extérieures

Quand on se sent enfermé dans un schéma répétitif, où l’on est incapable de se sortir de la colère, il faut savoir chercher une aide extérieure. Cela peut passer par une Fleur de Bach, par de la sophrologie. C’est un travail sur soi qui est nécessaire pour retrouver la paix, avec soi et avec les autres.

Partagez vos expériences sur le sujet et comment vous gérez cela dans votre famille !


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